Thursday, April 7, 2011

Pendant ce temps au Kenya...



Trois ressortissants kenyans, dont deux anciens ministres, ont comparu jeudi devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour les violences ayant suivi l'élection présidentielle de 2007.
Les violences, qui ont fait plus de 1200 morts et quelque 600.000 personnes déplacées, ont éclaté après la réélection pour un second mandat du président Mwai Kibaki en décembre 2007.
Les anciens ministres William Ruto et Henry Kosgey, ainsi que le présentateur de radio Joshua Sang ont donc été entendus jeudi lors d'une audience préliminaire, qui doit déterminer s’ils seront inculpés de crimes contre l'humanité.
Trois autres ressortissants kenyans, dont le fils du premier président de l'ère post-indépendance, Uhuru Kenyatta comparaitront vendredi.

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Les trois suspects ont quitté le Kenya mardi soir pour La Haye, au Pays-Bas, le siège de la CPI.
Alors que la classe politique kenyane tente depuis des mois maintenant d’empecher le procès des six suspects de violences postélectorales d’avoir lieu a la CPI, cette comparution est pour beaucoup un signe que la justice est enfin en marche dans cette affaire.
Avant de quitter leur pays, les trois suspects, les anciens ministres William Ruto et Henry Kosgey, ainsi que le présentateur de radio Joshua Sang, ont assuré de leur confiance en leur innocence, à l’instar de ce dernier… 
« Mon but est d’exposer les preuve de mon innocence et les gens pourront voir que certains veulent nous sacrifier, mais je sais que mon dieu est la pour moi ».
Les trois hommes ont donc été entendus jeudi matin par les juges de Chambre préliminaire chargée d’ouvrir ou non le procès. Et ils ont tous trois clamé leur innocence.
Ils sauront finalement si les juges décident de les poursuivre le 1er septembre.
Une audience de confirmation des charges, préalable à l'ouverture d'un procès éventuel, a en effet été fixée au 1er septembre.
Si oui, ils devront répondre de meurtres, de transfert forcé de population et de persécutions dans les mois qui ont suivi le scrutin électoral de décembre 2007.
Une autre audience, technique, à laquelle les suspects ne sont pas tenus d'assister, aura lieu entre temps le 18 avril.
Parallèlement au Kenya, le premier ministre Raila Odinga a tenté de rassurer l’opinion publique sur les conséquences éventuelles de ces audiences.
« Nous n’espérons rien d’autres de la CPI que la justice pour les victimes et un procès juste pour les suspects. Nous ne devons jamais oublier où nous en sommes. Mais nous devons aussi aller de l’avant dans un esprit de patriotisme, de réconciliation, de tolérance et d’unité. A ce moment de notre histoire, je rappelle à nos concitoyens qu’une maison divisée, que ce soit par des partis ou selon des régions, des religions ou des tribus, ne peut pas durer. Je demande aux Kenyans de laisser nos blessures se refermer, de soigner notre histoire et de continuer tous ensemble en tant qu’une nation et un peuple ».
 
De son coté, l'ancien Secrétaire général de l'ONU et actuel médiateur au Kenya, Kofi Annan, a exhorté ce jeudi les dirigeants kenyans à permettre au processus de la Cour Pénale Internationale (CPI) de prendre son cours normal pour juger les six suspects des violences postélectorales de 2007/2008. Il les a également appelé à cesser l'incitation à la haine ethnique.
Trois autres Kényans sont convoqués pour les mêmes crimes devant la CPI demain vendredi. Dont le vice-premier ministre et fils du premier président du pays, Uhuru Kenyatta et le chef de la police à l'époque.
Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait présenté en décembre 2010 deux dossiers distincts aux juges de la Cour, contre deux groupes de trois personnes, correspondant aux deux camps se partageant le pouvoir au Kenya, le Mouvement démocratique orange (ODM) de Raila Odinga et le Parti de l'unité nationale (PNU) du président Mwai Kibaki.

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