Thursday, April 14, 2011

Une nouvelle marche de l'opposition dégénère à Kampala




  En Ouganda, ce jeudi a repris à Kampala la marche "Walk to work" contre la hausse des prix. Entamée lundi, elle avait été interrompue violemment par la police et les deux principaux leaders de l'opposition, Kizza Besigye et Norbert Mao, avaient été arrêtés. Besigye, libéré lundi soir encourage depuis ses partisans à continuer les manifestations - contre la hausse des prix des aliments et de l'énergie. Mais la manifestation a dégénéré ce matin, l’armée ayant tire sur la foule et blessé Besigye à la main droite.

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Cette fois, c’est l’armée qui a entouré la foule, officiellement pour assurer le maintien de l’ordre.
Mais elle n’a pas hésité à tirer des gaz lacrymogènes et des balles réelles.

Kizza Besigye, dirigeant du FDC, arrivé 2e derrière le président Yoweri Museveni, lors de l’élection présidentielle de mi-février, a été blessé à la main et transféré à l’hôpital vers 13h heure locale.

Il s’agit de la deuxième marche de l’opposition organisée cette semaine à Kampala, pour dénoncer l’inaction du gouvernement contre la hausse des prix.

Et ce malgré l’impressionnant déploiement des forces de sécurité et l’arrestation de ses leaders lundi dernier…

Selon le porte-parole de Kizza Besigye Wafula Oguttu, il est important de poursuivre la marche car le président et son parti, le NRM, n’ont apporté aucune réponse. « Oui nous allons continuer à marcher, et nous allons nous rassembler les jeudis et les lundis, pour protester contre le cout de la vie qui ne cesse d’augmenter ».

Maria Burnett, spécialiste de l’Ouganda pour l’ONG Human Rights Watch, reconnait que les pratiques des forces de sécurité sont depuis longtemps très sévères contre l’opposition.
Mais selon elle, ce qui est cette fois étonnant est que la police veuille ainsi empêcher toute manifestation, même hors période électorale.

« De toutes évidences, le parti au pouvoir et la police sont très proches en Ouganda, et la police voulait ouvertement contenir l’opposition. Mais étant donné que le parti au pouvoir a remporté les élections, que le président  Museveni a été réélu avec une certaines marges d’avance, c’est plus surprenant que la police sente toujours le besoin de s’en prendre si durement a l’opposition. A présent, l’opposition devrait pouvoir s’exprimer librement car il n’y a pas d’échéance électorale déterminante à venir ».

Selon elle, il y cependant peu de chances que de nombreux Ougandais se risquent à participer aux prochaines marches, car ils vivent largement dans la peur des forces de sécurité.

Mardi, les Etats-Unis ont de leur cote appelé le gouvernement ougandais à respecter la liberté d’expression de l’opposition.

      Melissa Chemam, de Nairobi, pour BBC Afrique.

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