Friday, November 12, 2010

Deux témoins de la CPI affirment avoir été payés pour mentir...

  Dernier rebondissements concernant la mise en place du tribunal sur les violences de 2007/08 au Kenya: deux témoins affirment avoir été payés pour porter des accusations contre le député et ancien ministre William Ruto. Démis de ses fonctions de ministre de l’enseignement supérieur en octobre dernier, William Ruto s'est rendu à La Haye la semaine dernière. Il avait justement dénoncé auprès du procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, de telles pratiques de détournement des témoins par des personnalités politiques kenyanes.
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Les deux témoins ont accepté de rencontrer les reporters de la chaine  NTV hier. William Rono et Ken Wekesa ont alors publiquement affirmé avoir reçu de l’argent pour accuser William Ruto auprès du futur tribunal international sur les violences postélectorales de décembre 2007 au Kenya.
Tous deux seraient des témoins clés des faits de violence dans la région de la Vallée du Rift.
Selon eux, cette proposition viendrait directement de la Commission kenyane sur les droits de l’homme, chargée de coopérer avec La Haye pour la mise en place du tribunal.
L’un d’eux, William Rono, affirme même être payé 60 000 shillings par mois depuis mars dernier, pour son faux témoignage.
Ken Wekesa, quant à lui, dit avoir reçu 1 million et demi de shillings après avoir donné un faux témoignage auprès de la CPI et la garantie d’être caché dans le pays de son choix si besoin.
Les deux témoins ont accepté que la télévision kenyane filme les luxueuses maisons dans lesquelles ils ont tous deux été logés par ceux qui souhaitent acheter leur témoignage…
William Ruto, député de la région de Eldoret Nord, dans la vallée du Rift, s’est en effet rendu a La Haye il y a une dizaine de jour, pour devancer de nombreuses rumeurs et accusations pesant contre lui dans les cadre des enquêtes sur les violences de fin 2007 début 2008.
Il affirme que le directeur de la Commission des droits de l’homme, Hassan Omar, a lui-même cherchée à le faire accuser auprès de la CPI. "La Commission a été totalement incapable de répondre aux questions que je leur ai posées, ce qui pour moi est la preuve que la commission a quelque chose a cacher, a-t-il entre autres affirmé.
Hassan Omar a reconnu que la Commission des droits de l’homme logeait ces témoins, pour leur protection. Mais il nie toute malversation et parle d’accusations infondées.
Le ministre kenyan de la justice, Mutula Kilonzo, a demandé a William Ruto de fournir des preuves de ses accusations contre Hassan Omar.
Nul doute que l’ancien ministre ne va pas tarder à se faire entendre de nouveau.
Mais la vraie question est de savoir si ces accusations de plus en plus sérieuses ne risquent pas de menacer les travaux du tribunal international.

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